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Ferme les yeux

-"Je ne veux pas fouiller ta vie. Je ne suis pas curieuse et je n'insisterai pas davantage, mais j'ai un drôle de présentiment... Je te demande juste de m'écrire une lettre. Une lettre de l'alphabet, n'importe laquelle, juste pour que je sache que t'es okay."

-"J" ...


Pour toutes les Marie, pour tous les Nicolas (noms fictifs); pour tous ces hommes et ces femmes qui ont marqué ma vie, pour qui j'aurais voulu m'arracher un bout de moi, un bout de mon ciel pour leur donner un sursis, un peu de lumière et une voie lactée de légèreté...


À toutes ces personnes que j'ai senti jusqu'au fond de mes tripes, qui ont perdu pieds sans un cri, la force de leur silence et de leur sacrifice me réveillant la nuit...


A toi, je t'aime.


Lumière, amour et courage. xx


*** *** ***


Laisse-moi t'entrainer avec moi, donne-moi la main que je te délie les poings. Ne bouge plus, ferme les yeux. Et tant que la noirceur existera, tu pourras t'imaginer qui tu veux devant toi, mais laisses moi coudre des plumes sur ton dos à la peau diaphane.


La caresse de la pointe d'un crayon sur ton corps, dessinant l'érosion des années et la définition des carences plus ou moins ignorées. Laisse-moi faire poindre un frisson discontinu, de tes propres mots sur tes lèvres qui glisseront enfin sans ambages.


Permets-moi de t'amener sur une scène sans rideau, sans lumière et sans spectateur, là où toi seule pourra inventer le scénario, le coup de théâtre, les cris profonds et le son sourd d'une foule qui se lève à la tombée du ciel. Que tout soit exactement comme tu l'entends.


Donne-moi tes chaines, je les mettrai à mes pieds pour une moment. Donne-moi ta peau, je la porterai le temps d'un soleil. Et je te prêterai ma bouche, que tu goutes de nouveau à la folie furie.


Ferme les yeux, tant que la noirceur existera, tu pourras t'imaginer qui tu veux devant toi, mais laisse-moi effleurer du bout des doigts les saisons qui bordent tes angoisses, que pour une nuit, l'aube oublie les lois régissant le sablier des mortels…



Viens que je te transfuse l'encre de mes délires, que je pose sur tes paupières l'arme d'un crime passionnel. La paix d'une nuit de trêve, nu de tous ces rêves et ces illusions.



Douce amie (Doux ami), j'allumerai un cierge noir dont la cire formera l'amas de cendre de tes inquiétudes que nous irons jeter dans un alpage inconnu pour nourrir les troupeaux de bestiaux.


Je te ferai boire un vin béni, je te saoulerai d'un paradis artificiel et délicatement, guiderai les élucubrations de ton ivresse dans un paysage originel, qu'à jamais tu gardes la marque des plaisirs illégaux.


Tu es Disciple d'Épicure, je suis Putain de Sade, laisses-moi te dénombrer les vertus outrageantes de l'égoïsme et la jouissance des fantasmes délurés qui deviennent réalité…


Ris, ris encore aux larmes, ris Muse délicate. Souris à la douceur du printemps qui renait. Souris, Perce-neige à la blancheur exquise… Et je te ferai un lit de feuilles tendres sous mon dôme protégeant des tempêtes pour que tu y inscrives le chemin de croix qui te mène jusqu'à moi.


Ne laisse pas les ombres étouffer ta voix.


Ris encore, parfaite lubie, femme, mère et amante (mari, père et amant)...

Ris encore je t'en supplie.



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