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Je n'ai pas revé...

Mis à jour : 1 déc. 2018

Je n'ai pas rêvé de traverser le continent. Je ne pense pas à ce moment depuis l'enfance. Ce n'est pas un désir innasouvie que je nourrissais en me disant "un jour je le ferai".


Je ne vais pas à la recherche de réponse, je ne me cherche pas non plus. Je n'ai rien à prouver à personne, pas même à moi. Je ne cherche pas à donner de leçon, ni même démontrer quoi que ce soit. Je suis la route que je vois devant moi. C'est tout.


Ce n'est pas un défi personnel, je n'ai pas de belle motivation qui font tape-à-l'oeil ou pince au coeur, je ne le fais pas "coûte que coûte".


C'est arrivé comme ça. Et je le fais simplement parce que je sens que je dois le faire.


Je ne suis ni brave, ni inspirante, ni motivée. Je ne suis ni sportive ni particulièrement forte et je n'ai aucune coordination. Ce que je vais faire, n'importe qui qui en a l'intérêt, le peu.


Sur le coup, l'urgence du projet était geré par la peur de ne pas avoir la capacité physique plus tard, étant passé par un épisode inflammatoire aigue qui m'avait presque rendu invalide pendant des mois.

Ça pressait, tout pressait. Subitement, j'avais un corps qui répondait sans se déchirer en dix, je devais en faire plus que pas assez.


Et puis j'ai réalisé que je pouvais accueillir la douleur sans appréhension et que je savais désormais arrêter avant que l'inflamation ne devienne une blessure grave.


Je ne pars pas le pied léger. Le poids de mon sac à dos m'incommode et je me retrouve avec les douleurs d'une ancienne vie. J'ai bien failli reculer, le soir avant l'embarquememt, à genoux au sol, le bassin dans un étau, incapable de me relever. J'ai respiré, calmé l'effroi et je me suis raisonné. C'est ma condition, pas ma limitation. J'ai choisi que la maladie ne soit pas le berceau de ce projet, mais je dois faire avec. Ce n'est ni dramatique ni obstinée. C'est comme ça.


Aussi bien partir, arrêter quelques fois et revenir sur mes pas s'il le faut que de rester là, a avoir peur de mon ombre.


Je ne le cacherai pas; mon plus grand danger c'est que mon corps se déchire à nouveau. Je peux avoir la force mentale de Gandhi, une partie de moi m'échappe et si mon corps est mon temple, je dois m'y soumettre aussi et l'écouter.


Le Bella Desgagnés, le "navire-cargot-bateau de croisière" dans lequel je suis est acosté depuis 24h parce que Dame Nature nous souffle en pleine face à 55

noeuds depuis hier. Et je la remercie de me permettre ce moment de repos complet pour me remettre du raz de marée des dernières semaines.


...


Et est-ce qu'on doit forcément avoir une raison avant d'aborder quelqu'un sur notre route ou si c'est possible de ne le comprendre que plus tard?


C'est comme ça pour ma traversée. Je dois le faire, je sais que je comprendrai un jour ce qui m'aura poussé à partir dans cette direction.





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