• Fly

You don't learn to fly if you're not prepared to crash.

Jour 7.

Je suis à Labrador City.

De Blanc Sablon a "Devil Island" - 3 jours.

De "Devil Island", l'endroit où j'ai décidé de changer les choses à ici - 3 jours.


Voilà, labrador check! ... ... ...


18 mois de planification, les kilomètres calculés au pied près, la nourriture, les livraisons, le matériel, les dénivelés, les risques... un vrai devoir d'arythmétique.

Puis je suis débarqué du bateau à Blanc Sablon.


En 3 jours, j'ai fait 16km quand j'aurais du en faire 60; mes sacs sont beaucoup trop lourds. Le soir du 2e jour, les deux pieds sur l'accotement glacée, j'ai vu l'occasion de glisser ma charge sur ma crazycarpet. J'ai fait deux kilomètres comme un chien fou a qui ont vient d'enlever la laisse, je riais a gorge déployée, quel plaisir! DEUX kilomètres sans regarder derrière.

J'ai percé mon couvre sac et mon sac a plusieurs endroits. J'ai fait les réparations en riant de moi. Qui peut, en si peu de temps, faire autant de domage sur un truc neuf, à part mon impulsivité et moi?


Jour 3, tempête. Je vais au magasin général de la prochaine communauté et me trouve un beau toboggan vert lime. Je suis subitement prise d'amour avec ce truc pour enfant.


Jour 4, je fais 16km. J'aurais pu en faire 24 sans problème mais... Le toboggan est percé. Je monte ma tente le coeur en peine après une si belle journée.


Jour 5, je me réveille et me convainc que je suis capable de supporter la charge et de trouver un nouveau traineau quelque part... Au moment d'enfiler le tout, je remarque de nouveaux trous sur mon sac... Et que les supports au niveau de mes épaules sont coupés par la friction contre l'asphalte. Fichu. C'est fichu. Je n'arriverai jamais nul part comme ça. Tout le puzzle venait de foutre le camps. Rien n'allait comme ça devait.

Et heureusement, l'événement du sac à dos m'a fait réaliser bien des choses et très vite.


Je ne suis pas fait pour m'en tenir a un cadre rigide. C'est comme si on prenait un oiseau en cage pour le promener partout dans le monde; il n'est pas libre.


En si peu de temps, j'ai quand même fait beaucoup de chemin, et je ne parle pas de route. Cette vie là me plaît. L'errance, l'itinérance, dormir où ma tente se pose. Avoir ma maison à portée de main.


En acceptant d'être "remorqué", j'ai rencontré des gens bienveillants, généreux et simples avec qui les heures de route ont été légères. Les histoires et les apprentissages offerts comme a un ami. Et moi, les gens qui m'apprennent des choses sans que je demande, ca m'illumine!


J'ai toujours été une personne libre. Quelques fois, j'ignore pourquoi, j'essaie de suivre le courant, de faire selon les règles établies... Mais çà me rattrape à tout coup.


Je vais toujours adorer marcher, marcher c'est ma façon de réfléchir, d'écrire, de digérer, de faire la paix, d'aimer.

Mais avec cet horrible poids qui me décharge des arcs électriques dans tout le corps, je ne pense à rien sauf au prochain pas. Je ne vois rien, je ressens juste. Et je ne veux pas ça.


J'ai envie de visiter, de rencontrer, d'explorer le territoire, de me perdre, d'être aidée et d'entendre les gens rire.


Et il me faut retourner à la maison pour trouver avec quoi je serai de nouveau un chien fou sans attache, qui peut danser en marchant, glisser sur la neige compactée et sourire juste parce que c'est bon, la vie.














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